La critique anarchiste :
la dispersion du pouvoir
Si le léninisme a l'obsession de la prise du pouvoir, l'anarchisme en a la hantise. Réponse à l'autorité et à la dictature, il prône la démocratie contre l'Etat, et oppose le collectif à l'appareil dirigeant, le bas au haut, l'horizontal au vertical, la commune au gouvernement, un pouvoir décentralisé à un pouvoir concentré, l'autogestion à l'hétérogestion et, au corps électoral pyramidal, la communauté de base : une pluralité de vraies démocraties au lieu d'une seule fallacieuse, en partant de petites unités de production et de vie dotées chacune d'assez de dynamisme pour se fédérer aux autres sans aliéner sa liberté. Comme la polis antique, la métropole moderne tend à l'oligarchie : un million de coopératives, de collectifs et de quartiers unis resteront démocratiques. Divisé en une infinité de fragments, le pouvoir devient inoffensif, mais aussi plus efficace, car proche des besoins réels de tous.
On ne se débarrasse pas du pouvoir en en mettant partout.



