| Index de l'article |
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| Communisation |
| I : De la Gauche Communiste à la communisation |
| II : Communisation : qui ? quoi ? comment ? |
| Bibliographie |
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A quoi bon débattre d'une communisation si éloignée de l'imaginaire régnant, pourrait-on demander... Les risques de fuite en avant ne sont pas minces : quand la réalité fait défaut, la théorie est tentée d'en combler le manque. Pourtant cette réflexion s'impose, parce qu'en dépit de notre impuissance présente, un mouvement social agit et se comprend en fonction de son but : c'est lui qui commande les critères d'analyse d'une réalité. L'analyse concrète vaut par rapport à un but. Par exemple, se spécialiser dans l'exposé des « luttes », même dans l'intention de les renforcer, ne mène pas plus loin qu'une défense (radicale, au mieux) du travail contre le capital, ce qui est déjà beaucoup, mais ne fait pas avancer le mouvement communiste dont ces luttes sont ou non porteuses.
Ce que nous entendons par communisation a déjà été exposé dans Communisation : un Appel et une Invite (2004) et Le Tout sur le tout (2009), mais cette idée est sous-jacente à tout ce que nous essayons de faire, car il s'agit ni plus ni moins du contenu d'une révolution future, de son seul contenu possible, et par exemple notre critique de la démocratie ne prend son sens qu'avec la perspective de la révolution comme communisation (Au-delà de la démocratie, L'Harmattan, 2009). De même, l'analyse des mouvements sociaux passés et présents suppose une compréhension du contenu d'une révolution communiste, que ces mouvements en soient proches ou très éloignés. Il y a là un point fondamental, et une ligne de partage essentielle.
Depuis quelques années, on parle beaucoup de « communisation » dans la mouvance radicale, au-delà même de ce que l'on appelle « les communisateurs ». Critiquer les divers usages du mot et de la notion aurait obscurci notre propos, tant sont multiples les points de vue à analyser. En effet, bien que notre intérêt pour la communisation nous fasse parfois classer parmi les communisateurs, nous ne nous sentons ni plus ni moins membres d'une famille communisatrice que nous ne sommes proches ou éloignés d'autres individus ou groupements communistes dont il faut aussi tenir compte. Quand un certain nombre de camarades traitent de la communisation (qu'ils emploient ou non le mot) sans vraiment faire de différence entre prolétaire, exploité, dominé, précaire, exclu, voire pauvre, cette indétermination influe sur leur façon de considérer la communisation. Notre essai devait donc revenir à ce que sont prolétaire et travail. Mais nous n'avons pas voulu procéder à une suite de réfutations : autant que faire se peut, tout en critiquant ce que nous prenons pour des erreurs, nous avons cherché à dire positivement ce qui nous semble vrai, et à exposer notre conception le plus directement possible. Le lecteur comparera par lui-même ce qui doit l'être (notre bibliographie donne quelques références dans ce but), et le mouvement social se chargera de faire le tri :
« Le regroupement et l'unification ne se produiront qu'avec de nouvelles scissions et des échanges d'insultes plus ou moins fraternelles. Il faut avoir les nerfs solides. »
(Trotsky, lettre à Alfred Rosmer, 24 mars 1929)



