TROPLOIN

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Contribution à la critique de l'autonomie politique

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Index de l'article
Contribution à la critique de l'autonomie politique
Sens interdit
Le cœur du problème
La critique traditionaliste ou réactionnaire
La critique nietzschéenne
La critique individualiste
La démocratie ignorée
La critique syndicaliste révolutionnaire : démocratie économique contre démocratie politique
L'anti-parlementarisme
La critique bolchévik : les soviets contre le parlement
La critique anarchiste : la dispersion du pouvoir
La critique bordiguiste : dictature contre démocratie
Le communisme de conseils : de l'anti-bureaucratisme à la non-violence
La critique de la démocratie « formelle »
Donc Churchill aurait raison... ?
Westminster n'est pas l'Acropole
Une question de mots ?
Exploitation et/ou domination
Au fondement de la démocratie : la politique
Sommes-nous manipulés ?
Du propagandiste à l'éducateur
« Plus je lis et plus je discute, mieux je comprends et mieux je choisis... »
Internet, stade suprême de la démocratie
Prenons au mot la démocratie directe... Selon ses partisans, elle a pour objectifs :
Le secret de la démocratie
Contradiction dans la théorie communiste...
....et contradiction dans la pratique des prolétaires
L'attraction démocratique
Un système qui n'a en lui-même ni son origine... ni son remède
Et pourtant elle tient
Le communisme est activité
Désenchantement démocratique chez les bourgeois...
...et piétinement démocratique chez les prolétaires
« Auto » ne suffit pas
Que faire ?
TABLE DES MATIERES de AU- DELÀ DE LA DÉMOCRATIE
A propos de démocratie/dictature
Toutes les pages

Sens interdit

Face à la démocratie, toute critique est suspecte, et plus encore si cette critique ne vise rien moins qu'un monde sans classes, sans salariat ni capital, sans Etat.

A la rigueur, l'opinion courante comprend (tout en le condamnant) le « réac » qui méprise la démocratie, car en niant la capacité des hommes à s'organiser et à se diriger eux-mêmes, il est dans son rôle. Mais celui qui refuse le principe démocratique au nom même de cette capacité, et parce qu'il estime la démocratie inadaptée à l'émancipation des prolétaires et de l'humanité, celui-là est voué à l'incompréhension. Au mieux il passe pour un provocateur amateur de paradoxes, au pire pour un intellectuel dévoyé qui à force de ne pas apprécier la démocratie finira chez ceux qui l'ont le plus attaquée : les fascistes.

En effet, si « l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes », il semble évident que, pour s'émanciper, les exploités, les dominés, les damnés de la Terre, doivent rejeter ce qui maintient leur sujétion (« ni Dieu, ni César, ni tribun »), et pour cela créer leurs propres instruments de discussion, de décision et de gestion. Cette exercice d'une liberté collective, n'est-ce pas précisément ce que l'on nomme démocratie ? La solution a le mérite de la simplicité : pour changer le monde et assurer la meilleure vie humaine possible, quoi de mieux que de la faire reposer sur des institutions donnant la plus large liberté d'expression et de décision au plus grand nombre ? Comme par ailleurs, dans beaucoup de leurs luttes, prolétaires, dominés et exploités se revendiquent de la démocratie et proclament leur volonté d'établir une démocratie enfin authentique, la cause paraît entendue : le critique de la démocratie part battu d'avance.